Prix des vignes en Bourgogne

Dernière mise à jour : 24 août 2026. Données de valeur vénale du millésime 2024, publiées en 2025. Prochaine actualisation à la parution des données 2025.

La Bourgogne viticole couvre environ 29 000 hectares en production — 4 % du vignoble français — et publie ce que la Champagne ne publie pas : le prix par niveau d’appellation. L’éventail va d’environ 92 000 €/ha pour les appellations régionales de Saône-et-Loire à 9 M€/ha pour le grand cru, soit un rapport de 1 à près de 100. C’est la hiérarchie de prix la plus étirée de tous les vignobles français.

1 023 000 €/ha Valeur vénale moyenne des vignes AOP de Côte-d’Or, millésime 2024 — soit +11,3 % sur un an. Le seuil du million d’euros l’hectare est franchi pour la première fois en moyenne départementale. Sources : SAFER-SSP-Terres d’Europe-Scafr pour 1991-2014, Agreste Bourgogne-Franche-Comté pour 2015-2024. Évolutions recalculées sur les valeurs de la série.

Le prix par niveau d’appellation

Valeur vénale moyenne par niveau d’appellation — millésime 2024
Niveau 2024 (€/ha) 2023 (€/ha) Évolution Fiabilité
Grand cru non diffusé9 000 000 Non publié
Premier cru blanc 2 550 0002 250 000 +13,3 % Haute
Communales Côte de Beaune, blanc 1 050 000960 000 +9,4 % Haute
Premier cru rouge 1 040 000950 000 +9,5 % Haute
Communales Côte de Nuits, rouge 900 000825 000 +9,1 % Haute
Chablis premier cru 525 000420 000 +25,0 % Haute
Chablis 245 000205 000 +19,5 % Haute
Yonne — moyenne AOP 205 000170 000 +20,6 % Haute
Saône-et-Loire — moyenne AOP 92 00089 000 +3,4 % Haute
Côte-d’Or — moyenne AOP 1 023 000919 000 +11,3 % Haute

Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, valeur vénale des terres, millésime 2024. Valeurs en euros courants, non corrigées de l’inflation. Les évolutions sont recalculées sur les valeurs de la série.

Pourquoi le grand cru n’a pas de valeur 2024

La statistique publique ne diffuse pas de valeur pour le grand cru au titre de 2024 : le nombre de transactions est insuffisant pour qu’une moyenne ait un sens. La dernière valeur connue est celle de 2023, à 9 M€/ha, en hausse de 12,5 % sur 2022.

Ce n’est pas une lacune de notre part : c’est la nature même de l’actif. Quelques hectares de grand cru changent de mains certaines années, aucun d’autres. Nous publions la dernière valeur connue en la datant, plutôt que d’en construire une par estimation — c’est la règle que nous appliquons partout.

Ce que la moyenne d’un niveau d’appellation agrège

Les valeurs publiées sont des moyennes par niveau. Trois mécanismes, au moins, séparent cette moyenne du prix d’un climat déterminé.

Le mode de faire-valoir. Le barème national publie deux tableaux distincts pour les terres et prés — l’un pour les biens libres de tout bail, l’autre pour les biens loués. Pour les vignes, il n’en publie qu’un seul. Vignes libres, vignes données à bail et vignes en métayage entrent dans la même valeur. Or une vigne louée se vend moins cher qu’une vigne libre : l’acquéreur reprend un bien qu’il ne peut pas exploiter lui-même, face à un preneur qui dispose d’un droit au renouvellement. La décote s’accroît avec la durée de protection restante — un point d’autant plus sensible en Bourgogne que le faire-valoir indirect y est courant sur les climats les plus recherchés.

L’état du vignoble. Âge de plantation, densité, état sanitaire, manquants : une parcelle à replanter n’a pas la valeur d’une vigne en pleine production. La moyenne additionne les deux.

Le climat. À l’intérieur d’un même niveau d’appellation, les écarts de notoriété entre climats sont considérables. La moyenne d’un niveau ne dit rien du prix d’un climat déterminé, au premier cru comme au grand cru.

Sources : décision du 26 août 2025 fixant le barème de la valeur vénale moyenne des terres agricoles en 2024 — tableaux 1 et 2 pour les terres libres et louées, tableau 4 pour les vignes, sans distinction de mode de faire-valoir. L’ampleur de la décote de bail et l’effet d’état relèvent du référentiel VITACEAE, non de la statistique publique. Observation VITACEAE

Le Chablisien, mouvement le plus vif de 2024

Les progressions les plus fortes ne viennent pas du haut de la hiérarchie mais du nord du vignoble : Chablis premier cru gagne 25 % en une année, Chablis village 19,5 %, et la moyenne de l’Yonne 20,6 %. Les premiers crus blancs de la Côte de Beaune suivent, à 13,3 %. À l’autre extrémité, la Saône-et-Loire progresse de 3,4 % seulement — l’écart entre les deux bouts de la Bourgogne continue de se creuser en valeur absolue.

La décennie 2015-2024

Valeur vénale moyenne, année par année — euros courants par hectare
Segment 20152016 20172018 20192020 20212022 20232024
Grand cru 4 785 0005 503 0006 000 000 6 250 0006 500 0006 765 000 7 075 0008 000 0009 000 000 n.d.
Premier cru blanc 1 407 0001 463 3001 536 000 1 590 0001 650 0001 690 000 1 740 0002 000 0002 250 000 2 550 000
Premier cru rouge 605 000630 000650 000 680 000710 000730 000 755 000870 000950 000 1 040 000
Communales Côte de Beaune, blanc 671 000697 900725 000 750 000775 000797 500 820 000880 000960 000 1 050 000
Communales Côte de Nuits, rouge 572 000600 000618 000 628 000640 000660 000 685 000753 000825 000 900 000
Chablis premier cru 321 800346 000350 000 331 000400 000400 000 400 000420 000420 000 525 000
Chablis 158 300155 000164 000 167 000175 000181 000 201 000200 000205 000 245 000
Côte-d’Or — moyenne AOP 594 400646 100684 600 709 600735 300760 300 790 000829 000919 000 1 023 000
Yonne — moyenne AOP 137 200138 900144 600 144 400157 600160 700 173 000171 000170 000 205 000
Saône-et-Loire — moyenne AOP 70 70075 00075 000 78 20079 90079 300 80 00088 00089 000 92 000

Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, éditions successives. La continuité avec la série SAFER-SSP a été vérifiée à la jonction 2014-2015. « n.d. » signale une valeur non diffusée par la statistique publique, jamais une valeur manquante que nous aurions omise.

Trois décennies, en jalons

Jalons 1991-2014 — euros courants par hectare
Segment 19911995 20002005 20102014 ×1991→2024
Grand cru 1 829 4001 219 6001 707 300 2 300 0003 200 0004 350 000 ×4,9 2023
Premier cru blanc 864 600403 500614 800 882 2001 150 0001 340 000 ×2,9
Côte-d’Or — moyenne AOP 288 200191 400263 100 335 900441 600545 600 ×3,5
Chablis premier cru 101 800101 800254 500 280 000270 000320 000 ×5,2
Saône-et-Loire — moyenne AOP 52 30047 50058 300 58 90063 70069 100 ×1,8

Source : SAFER-SSP-Terres d’Europe-Scafr, 1991-2014. Le repli du début des années 1990 est net sur tous les niveaux : la Bourgogne partait d’un point haut en 1991 et n’a retrouvé ce niveau qu’au tournant des années 2000. C’est une différence de trajectoire majeure avec la Champagne, dont la progression est continue sur la période.

Une valeur n’est pas une évaluation. Les chiffres publiés sont des moyennes par niveau d’appellation. Le prix d’une parcelle donnée dépend du climat, de son exposition, de son état, de son âge de plantation, du mode de faire-valoir et des conditions de la cession. VITACEAE ne délivre aucune estimation à partir de ces valeurs.

Reproduction autorisée sous réserve de citer la source sous la forme « Observatoire VITACEAE du foncier viticole, d’après Agreste et SAFER-SSP », avec un lien vers cette page. — Ce document est publié à titre d’information économique. Il ne constitue ni un avis juridique, ni une analyse fiscale, ni une recommandation patrimoniale, ni une évaluation. VITACEAE TRANSACTIONS SAS, RCS Reims 823 282 637, CPI 5102 2016 000 014 113 (CCI Marne-Ardennes).

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