Le Chablisien est le mouvement le plus vif du foncier bourguignon en 2024. Chablis premier cru gagne 25 %, Chablis village 19,5 % : ce sont les deux plus fortes progressions annuelles de toute la hiérarchie bourguignonne, très au-dessus de la Côte-d’Or.
Les niveaux restent pourtant sans commune mesure avec ceux de la Côte : un hectare de Chablis premier cru vaut un peu plus de la moitié d’un hectare d’appellation communale en Côte de Nuits, et un cinquième d’un premier cru blanc de la Côte de Beaune.
Où se situe ce niveau dans la hiérarchie bourguignonne
| Niveau d’appellation | 2024 (€/ha) | 2023 (€/ha) | Évolution | Fiabilité |
|---|---|---|---|---|
| Grand cru | non diffusé | 9 000 000 | — | Non publié |
| Premier cru blanc | 2 550 000 | 2 250 000 | +13,3 % | Haute |
| Communales Côte de Beaune, blanc | 1 050 000 | 960 000 | +9,4 % | Haute |
| Premier cru rouge | 1 040 000 | 950 000 | +9,5 % | Haute |
| Communales Côte de Nuits, rouge | 900 000 | 825 000 | +9,1 % | Haute |
| Chablis premier cru | 525 000 | 420 000 | +25,0 % | Haute |
| Chablis | 245 000 | 205 000 | +19,5 % | Haute |
| Yonne — moyenne AOP | 205 000 | 170 000 | +20,6 % | Haute |
| Saône-et-Loire — moyenne AOP | 92 000 | 89 000 | +3,4 % | Haute |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 1 023 000 | 919 000 | +11,3 % | Haute |
Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, valeur vénale des terres, millésime 2024. Valeurs en euros courants, non corrigées de l’inflation. Les évolutions sont recalculées sur les valeurs de la série.
La décennie 2015-2024
| Niveau | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Chablis | 158 300 | 155 000 | 164 000 | 167 000 | 175 000 | 181 000 | 201 000 | 200 000 | 205 000 | 245 000 |
| Chablis premier cru | 321 800 | 346 000 | 350 000 | 331 000 | 400 000 | 400 000 | 400 000 | 420 000 | 420 000 | 525 000 |
| Yonne — moyenne AOP | 137 200 | 138 900 | 144 600 | 144 400 | 157 600 | 160 700 | 173 000 | 171 000 | 170 000 | 205 000 |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 594 400 | 646 100 | 684 600 | 709 600 | 735 300 | 760 300 | 790 000 | 829 000 | 919 000 | 1 023 000 |
Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, éditions successives. La continuité avec la série SAFER-SSP a été vérifiée à la jonction 2014-2015. « n.d. » signale une valeur non diffusée par la statistique publique, jamais une valeur que nous aurions omise.
Sur dix ans, Chablis village progresse de 54,8 % et Chablis premier cru de 63,2 %. L’écart avec la Côte-d’Or (+72,1 %) est réel mais modéré : le Chablisien n’a pas décroché, il est parti de plus bas.
Le premier cru est resté strictement stable de 2019 à 2023 — 400 000, puis 420 000 €/ha — avant de bondir de 25 % au millésime 2024. Ce palier suivi d’un saut est caractéristique des marchés à faible nombre de transactions : la valeur ne se réajuste pas continûment, elle se réajuste par marches.
Trois décennies, en jalons
| Niveau | 1991 | 1995 | 2000 | 2005 | 2010 | 2014 | ×1991→2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Chablis premier cru | 101 800 | 101 800 | 254 500 | 280 000 | 270 000 | 320 000 | ×5,2 |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 288 200 | 191 400 | 263 100 | 335 900 | 441 600 | 545 600 | ×3,5 |
Source : SAFER-SSP-Terres d’Europe-Scafr, 1991-2014. Euros courants.
Chablis premier cru est multiplié par 5,2 depuis 1991, contre 3,5 pour la moyenne AOP de la Côte-d’Or. C’est le seul niveau bourguignon dont le multiplicateur dépasse celui de la Côte, et il le doit à un point de départ très bas : 101 800 €/ha en 1991, moins du huitième du premier cru blanc de la Côte de Beaune.
La valeur de 1995 est identique à celle de 1991. Le Chablisien n’a pas connu le repli violent de la Côte-d’Or au début des années 1990 — il n’avait pas connu la hausse qui l’a précédé.
Ce que la moyenne ne dit pas
La moyenne de l’appellation Chablis agrège des situations très différentes selon l’exposition et la proximité des premiers crus. Le grand cru chablisien, lui, ne fait l’objet d’aucune valeur publiée séparément.
Le risque de gel de printemps est, dans le Chablisien, une donnée d’exploitation que la valeur vénale ne mesure pas mais qu’aucun acquéreur n’ignore.
S’y ajoutent les deux réserves générales de la statistique foncière : la valeur publiée ne distingue pas les vignes libres des vignes données à bail ou en métayage — un point d’autant plus sensible en Bourgogne que le faire-valoir indirect est courant sur les climats les plus recherchés — et elle n’intègre ni l’âge de plantation ni l’état sanitaire du vignoble.
Reproduction autorisée sous réserve de citer la source sous la forme « Observatoire VITACEAE du foncier viticole, d’après Agreste et SAFER-SSP », avec un lien vers cette page. — Ce document est publié à titre d’information économique. Il ne constitue ni un avis juridique, ni une analyse fiscale, ni une recommandation patrimoniale, ni une évaluation. VITACEAE TRANSACTIONS SAS, RCS Reims 823 282 637, CPI 5102 2016 000 014 113 (CCI Marne-Ardennes).