Le premier cru blanc est, après le grand cru, le niveau le plus cher du vignoble bourguignon. Il couvre les climats classés premier cru de la Côte de Beaune plantés en chardonnay — Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet — le Chablis premier cru étant compté à part par la statistique.
À 2 550 000 €/ha, il vaut deux fois et demie la moyenne AOP de la Côte-d’Or et deux fois et demie le premier cru rouge.
Où se situe ce niveau dans la hiérarchie bourguignonne
| Niveau d’appellation | 2024 (€/ha) | 2023 (€/ha) | Évolution | Fiabilité |
|---|---|---|---|---|
| Grand cru | non diffusé | 9 000 000 | — | Non publié |
| Premier cru blanc | 2 550 000 | 2 250 000 | +13,3 % | Haute |
| Communales Côte de Beaune, blanc | 1 050 000 | 960 000 | +9,4 % | Haute |
| Premier cru rouge | 1 040 000 | 950 000 | +9,5 % | Haute |
| Communales Côte de Nuits, rouge | 900 000 | 825 000 | +9,1 % | Haute |
| Chablis premier cru | 525 000 | 420 000 | +25,0 % | Haute |
| Chablis | 245 000 | 205 000 | +19,5 % | Haute |
| Yonne — moyenne AOP | 205 000 | 170 000 | +20,6 % | Haute |
| Saône-et-Loire — moyenne AOP | 92 000 | 89 000 | +3,4 % | Haute |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 1 023 000 | 919 000 | +11,3 % | Haute |
Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, valeur vénale des terres, millésime 2024. Valeurs en euros courants, non corrigées de l’inflation. Les évolutions sont recalculées sur les valeurs de la série.
La décennie 2015-2024
| Niveau | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Premier cru blanc | 1 407 000 | 1 463 300 | 1 536 000 | 1 590 000 | 1 650 000 | 1 690 000 | 1 740 000 | 2 000 000 | 2 250 000 | 2 550 000 |
| Communales Côte de Beaune | 671 000 | 697 900 | 725 000 | 750 000 | 775 000 | 797 500 | 820 000 | 880 000 | 960 000 | 1 050 000 |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 594 400 | 646 100 | 684 600 | 709 600 | 735 300 | 760 300 | 790 000 | 829 000 | 919 000 | 1 023 000 |
Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, éditions successives. La continuité avec la série SAFER-SSP a été vérifiée à la jonction 2014-2015. « n.d. » signale une valeur non diffusée par la statistique publique, jamais une valeur que nous aurions omise.
Sur dix ans, le premier cru blanc progresse de 81,2 % en euros courants — 1 407 000 €/ha en 2015, 2 550 000 en 2024. C’est la plus forte progression décennale des niveaux dont la valeur 2024 est publiée.
L’accélération date de 2022. Après sept années de hausse régulière, de l’ordre de 3 à 4 % par an, le niveau gagne 14,9 %, puis 12,5 %, puis 13,3 % : trois années consécutives à deux chiffres.
Trois décennies, en jalons
| Niveau | 1991 | 1995 | 2000 | 2005 | 2010 | 2014 | ×1991→2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Premier cru blanc | 864 600 | 403 500 | 614 800 | 882 200 | 1 150 000 | 1 340 000 | ×2,9 |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 288 200 | 191 400 | 263 100 | 335 900 | 441 600 | 545 600 | ×3,5 |
Source : SAFER-SSP-Terres d’Europe-Scafr, 1991-2014. Euros courants.
Le multiplicateur depuis 1991 — ×2,9 — est le plus faible de tous les niveaux publiés. Il ne dit pas que le premier cru blanc a moins progressé : il dit qu’il partait d’un sommet. À 864 600 €/ha en 1991, il valait déjà trois fois la moyenne AOP de la Côte-d’Or.
Le repli des années 1990 y est le plus violent de la série : −53 % entre 1991 et 1995. Le niveau de 1991 n’est retrouvé qu’autour de 2005.
Ce que la moyenne ne dit pas
La moyenne d’un niveau ne dit rien du prix d’un climat déterminé. Entre un premier cru de Meursault et un premier cru d’une commune moins recherchée, l’écart est considérable, et aucune source publique ne le publie.
S’y ajoutent les deux réserves générales de la statistique foncière : la valeur publiée ne distingue pas les vignes libres des vignes données à bail ou en métayage — un point d’autant plus sensible en Bourgogne que le faire-valoir indirect est courant sur les climats les plus recherchés — et elle n’intègre ni l’âge de plantation ni l’état sanitaire du vignoble.
Reproduction autorisée sous réserve de citer la source sous la forme « Observatoire VITACEAE du foncier viticole, d’après Agreste et SAFER-SSP », avec un lien vers cette page. — Ce document est publié à titre d’information économique. Il ne constitue ni un avis juridique, ni une analyse fiscale, ni une recommandation patrimoniale, ni une évaluation. VITACEAE TRANSACTIONS SAS, RCS Reims 823 282 637, CPI 5102 2016 000 014 113 (CCI Marne-Ardennes).