Le premier cru rouge couvre les climats classés premier cru plantés en pinot noir, en Côte de Nuits comme en Côte de Beaune. Au millésime 2024, il franchit pour la première fois le seuil du million d’euros l’hectare.
Sa comparaison avec le premier cru blanc est l’un des enseignements les plus nets de la série : à niveau de classement identique, le blanc vaut deux fois et demie le rouge.
Où se situe ce niveau dans la hiérarchie bourguignonne
| Niveau d’appellation | 2024 (€/ha) | 2023 (€/ha) | Évolution | Fiabilité |
|---|---|---|---|---|
| Grand cru | non diffusé | 9 000 000 | — | Non publié |
| Premier cru blanc | 2 550 000 | 2 250 000 | +13,3 % | Haute |
| Communales Côte de Beaune, blanc | 1 050 000 | 960 000 | +9,4 % | Haute |
| Premier cru rouge | 1 040 000 | 950 000 | +9,5 % | Haute |
| Communales Côte de Nuits, rouge | 900 000 | 825 000 | +9,1 % | Haute |
| Chablis premier cru | 525 000 | 420 000 | +25,0 % | Haute |
| Chablis | 245 000 | 205 000 | +19,5 % | Haute |
| Yonne — moyenne AOP | 205 000 | 170 000 | +20,6 % | Haute |
| Saône-et-Loire — moyenne AOP | 92 000 | 89 000 | +3,4 % | Haute |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 1 023 000 | 919 000 | +11,3 % | Haute |
Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, valeur vénale des terres, millésime 2024. Valeurs en euros courants, non corrigées de l’inflation. Les évolutions sont recalculées sur les valeurs de la série.
En 2015, le premier cru blanc valait 2,3 fois le premier cru rouge — 1 407 000 contre 605 000 €/ha. En 2024, le rapport est de 2,45. L’écart s’est creusé en valeur relative, et massivement en valeur absolue : de 802 000 à 1 510 000 €/ha.
La série ne dit pas pourquoi. Elle dit que l’écart est structurel et qu’il s’accroît sans interruption depuis 2015 — un fait qui pèse dans toute comparaison d’opportunité entre un blanc et un rouge de même rang.
La décennie 2015-2024
| Niveau | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Premier cru rouge | 605 000 | 630 000 | 650 000 | 680 000 | 710 000 | 730 000 | 755 000 | 870 000 | 950 000 | 1 040 000 |
| Premier cru blanc | 1 407 000 | 1 463 300 | 1 536 000 | 1 590 000 | 1 650 000 | 1 690 000 | 1 740 000 | 2 000 000 | 2 250 000 | 2 550 000 |
| Communales Côte de Nuits | 572 000 | 600 000 | 618 000 | 628 000 | 640 000 | 660 000 | 685 000 | 753 000 | 825 000 | 900 000 |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 594 400 | 646 100 | 684 600 | 709 600 | 735 300 | 760 300 | 790 000 | 829 000 | 919 000 | 1 023 000 |
Source : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, éditions successives. La continuité avec la série SAFER-SSP a été vérifiée à la jonction 2014-2015. « n.d. » signale une valeur non diffusée par la statistique publique, jamais une valeur que nous aurions omise.
Sur dix ans, le premier cru rouge progresse de 71,9 % — 605 000 €/ha en 2015, 1 040 000 en 2024. La trajectoire est régulière jusqu’en 2021, puis change de rythme : +15,2 % en 2022, +9,2 % en 2023, +9,5 % en 2024.
Aucune année de baisse sur la décennie. C’est vrai de tous les niveaux de la Côte-d’Or, et c’est ce qui distingue le plus nettement la Bourgogne de la Champagne, dont la décennie est un plateau.
Trois décennies, en jalons
| Niveau | 1991 | 1995 | 2000 | 2005 | 2010 | 2014 | ×1991→2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Premier cru blanc | 864 600 | 403 500 | 614 800 | 882 200 | 1 150 000 | 1 340 000 | ×2,9 |
| Côte-d’Or — moyenne AOP | 288 200 | 191 400 | 263 100 | 335 900 | 441 600 | 545 600 | ×3,5 |
Source : SAFER-SSP-Terres d’Europe-Scafr, 1991-2014. Euros courants.
Les jalons antérieurs à 2015 dont nous disposons ne distinguent pas le premier cru rouge. Nous ne le reconstituons pas : la profondeur historique se lit ici sur la moyenne AOP de la Côte-d’Or, publiée sur la page pilier.
Ce que la moyenne ne dit pas
Entre un premier cru de Gevrey-Chambertin ou de Vosne-Romanée et un premier cru d’une commune moins exposée, l’écart de prix est sans commune mesure avec l’amplitude de la moyenne. Aucune source publique ne publie de valeur par climat.
S’y ajoutent les deux réserves générales de la statistique foncière : la valeur publiée ne distingue pas les vignes libres des vignes données à bail ou en métayage — un point d’autant plus sensible en Bourgogne que le faire-valoir indirect est courant sur les climats les plus recherchés — et elle n’intègre ni l’âge de plantation ni l’état sanitaire du vignoble.
Reproduction autorisée sous réserve de citer la source sous la forme « Observatoire VITACEAE du foncier viticole, d’après Agreste et SAFER-SSP », avec un lien vers cette page. — Ce document est publié à titre d’information économique. Il ne constitue ni un avis juridique, ni une analyse fiscale, ni une recommandation patrimoniale, ni une évaluation. VITACEAE TRANSACTIONS SAS, RCS Reims 823 282 637, CPI 5102 2016 000 014 113 (CCI Marne-Ardennes).