Le renouvellement des générations est le premier moteur du marché du foncier viticole. Un chef d’exploitation qui approche de la retraite sans reprise prévue, c’est une cession à venir — dans un délai que personne ne maîtrise, mais dont l’ordre de grandeur se mesure. Cette page réunit ce que la statistique publique permet d’en dire, et signale ce qu’elle ne dit pas.
L’âge, et ce qu’il annonce
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Année | Fiabilité |
|---|---|---|---|---|
| Exploitations viticoles dont le chef a plus de 60 ans | 30 % | France métropolitaine, viticulture | 2020 | Haute |
| Parmi elles, reprise prévue | 26,4 % | France métropolitaine, viticulture | 2020 | Haute |
| Exploitations viticoles dont le chef a plus de 60 ans | un cinquième | Bourgogne-Franche-Comté | 2020 | Haute |
| Exploitations avec au moins un exploitant de 55 ans ou plus | 49 % | Grand Est, viticulture | 2020 | Haute |
| Exploitants de 60 ans ou plus | 28,0 % | Marne, toutes orientations | 2020 | Haute |
| Exploitants de 60 ans ou plus | 24,3 % | Aube, toutes orientations | 2020 | Haute |
| Âge moyen des exploitants | 51,1 ans | Grand Est, toutes orientations | 2020 | Haute |
| Surface de vigne portée par les exploitations à chef de 60 ans ou plus | 18 900 ha | Grand Est | 2020 | Haute |
Sources : Agreste Centre-Val de Loire, Études n° 6, juin 2024 ; Agreste Bourgogne-Franche-Comté, Études n° 66, septembre 2023 ; Agreste Grand Est, Études n° 2, juin 2022 et fiches départementales de mars 2022. Les lignes « toutes orientations » ne sont pas des valeurs viticoles et ne doivent pas être lues comme telles. Les fiches départementales portent la mention « résultats provisoires » : elles ne s’additionnent pas aux études régionales fondées sur les résultats définitifs.
Trente pour cent des exploitations viticoles françaises ont un chef de plus de soixante ans. Parmi celles-là, une sur quatre déclare une reprise prévue. Autrement dit : près de trois exploitations viticoles sur quatre dont le chef a passé soixante ans n’ont pas de reprise identifiée au moment du recensement.
Ce n’est pas un calendrier de cessions. Une absence de reprise déclarée peut se résoudre par une installation familiale tardive, par un agrandissement voisin, par un bail à long terme ou par une entrée au capital d’une société. Elle ne se résout que rarement par un abandon, la vigne d’appellation trouvant toujours preneur.
Ce que le chiffre mesure, c’est un gisement : le nombre de situations où la question de la transmission est ouverte et devra être tranchée. En Bourgogne-Franche-Comté, la statistique ajoute un effet de taille : la reprise familiale est prévue pour 44 % des grandes exploitations viticoles contre un quart des moyennes. Le patrimoine se transmet mieux quand il est grand.
Combien d’exploitations, et à quel rythme elles disparaissent
| Périmètre | Exploitations | Évolution 2010-2020 | Surface moyenne en vigne | Fiabilité |
|---|---|---|---|---|
| France, exploitations spécialisées en viticulture (2022) | 58 100 | — | 14,4 ha (2020) | Haute |
| Grand Est, viticulture | 14 451 | − 10 % | — | Haute |
| Marne, OTEX viticulture | 3 060 | — | — | Haute |
| Aube, OTEX viticulture | 2 180 | — | — | Haute |
| Bourgogne-Franche-Comté, exploitations viticoles | 3 400 | − 6 % | 10,5 ha | Haute |
| Côte-d’Or | 1 067 | − 5 % | 9,3 ha | Haute |
| Saône-et-Loire | 1 283 | − 11 % | 10,7 ha | Haute |
| Yonne | 680 | + 4 % | 12,1 ha | Haute |
Sources : FranceAgriMer, chiffres-clés de la filière viti-vinicole, édition 2025 (données 2022) ; Agreste Grand Est, panorama du recensement agricole 2020 et fiches départementales ; Agreste Bourgogne-Franche-Comté, Études n° 66. Ces lignes ne sont pas comparables entre elles : le Grand Est et ses départements comptent en orientation technico-économique (la vigne domine la production), la Bourgogne-Franche-Comté en seuils de surface (au moins 0,6 ha de vigne en AOP). Les évolutions ne sont donc lisibles qu’à l’intérieur d’une même colonne de périmètre. À titre de repère, toutes filières confondues, la Bourgogne-Franche-Comté a perdu 21 % de ses exploitations entre 2010 et 2020 ; la viticulture, 6 %.
Le recul du nombre d’exploitations viticoles est nettement plus lent que celui de l’agriculture prise dans son ensemble : en Bourgogne-Franche-Comté, − 6 % contre − 21 % entre 2010 et 2020. La vigne d’appellation ne se déprend pas comme une terre labourable.
Mais les surfaces, elles, progressent : + 4 % en Côte-d’Or, + 6 % en Saône-et-Loire, + 16 % dans l’Yonne sur la même décennie. Moins d’exploitations pour plus d’hectares : la concentration est le corollaire mécanique de la disparition, et elle s’opère par le marché du foncier et des parts.
L’Yonne fait exception avec + 4 % d’exploitations — le seul département bourguignon en hausse — sur une progression de surface de 16 %. C’est la signature d’un vignoble en extension, non d’un vignoble en consolidation.
Ce qui rend la transmission sociétaire
| Périmètre | Part en forme sociétaire | Année | Fiabilité |
|---|---|---|---|
| Bourgogne-Franche-Comté, exploitations viticoles | 62 % | 2020 | Haute |
| Côte-d’Or | 73 % | 2020 | Haute |
| Yonne | 67 % | 2020 | Haute |
| Saône-et-Loire | 53 % | 2020 | Haute |
| Dont GAEC, viticulture BFC | 3 % | 2020 | Haute |
| Marne, statut individuel, toutes orientations | 59,4 % | 2020 | Haute |
| Aube, statut individuel, toutes orientations | 46,4 % | 2020 | Haute |
Sources : Agreste Bourgogne-Franche-Comté, Études n° 66 ; Agreste Grand Est, fiches départementales de mars 2022. En 2010, le statut individuel représentait 66,4 % des exploitations de la Marne et 52,3 % de celles de l’Aube : la sociétarisation progresse partout. La ventilation fine entre EARL, SCEA et SAS n’est pas publiée pour la seule viticulture ; nous ne la reconstituons pas.
Près de deux exploitations viticoles bourguignonnes sur trois sont en société, et jusqu’à trois sur quatre en Côte-d’Or. La part de GAEC y est marginale — 3 % — ce qui signifie que la forme dominante n’est pas la société de travail entre associés exploitants, mais la société de détention.
La conséquence est directe sur le marché : une transmission ne prend pas la forme d’une vente de parcelles mais d’une cession de parts. Elle change de régime juridique, de fiscalité, de délais et de contrôle — le contrôle des cessions de parts issu de la loi du 23 décembre 2021 s’applique là où la préemption SAFER classique ne trouvait pas à s’exercer.
C’est aussi pourquoi le nombre d’exploitations recensées ne mesure pas le nombre de propriétaires. Le recensement compte 3 060 exploitations en orientation viticole dans la Marne ; la MSA y compte 5 257 chefs d’exploitation viticoles cotisants ; le Comité Champagne dénombre plus de 16 000 vignerons sur l’appellation. Les trois chiffres sont exacts et mesurent trois choses différentes. L’écart entre eux est précisément l’espace des propriétaires qui n’exploitent pas — bailleurs, indivisions, associés non exploitants — c’est-à-dire l’essentiel du gisement de cession.
L’emploi, et ce qu’il dit du modèle
| Indicateur | Valeur | Périmètre | Année | Fiabilité |
|---|---|---|---|---|
| Emploi de la viticulture | 130 300 ETP | France | 2023 | Haute |
| Part de l’emploi agricole national | 20 % | France | 2023 | Haute |
| Chefs d’exploitation viticoles cotisants | 42 711 | France | 2023 | Haute |
| ETP permanents par exploitation viticole | 3,1 | BFC | 2020 | Haute |
| ETP permanents, exploitations non viticoles | 1,7 | BFC | 2020 | Haute |
| Part des salariés permanents dans le volume de travail | 45 % contre 14 % | BFC, viticulture / hors viticulture | 2020 | Haute |
| Salariés de la filière Champagne | plus de 12 000 ETP | bassin Champagne | 2019 | Moyenne |
Sources : FranceAgriMer, chiffres-clés 2025 (données 2023) ; MSA, « Chiffres utiles » édition 2024 (effectifs au 1er janvier 2023) ; Agreste Bourgogne-Franche-Comté, Études n° 66 ; Agreste Grand Est, « L’essentiel » n° 5, mai 2021 (données 2019). L’emploi viticole national est stable sur la décennie : 132 525 ETP en 2010, 130 300 en 2023.
Comment citer cette page
Forme abrégée — « Observatoire VITACEAE — démographie et transmission du vignoble », édition d’août 2026.
Forme développée — VITACEAE, Démographie et transmission du vignoble, Observatoire VITACEAE, édition d’août 2026. Source : Agreste, recensement agricole 2020 ; Agreste Centre-Val de Loire, Études n° 6, juin 2024 — la viticulture au recensement agricole 2020. Adresse permanente : https://vitaceae.fr/observatoire/demographie-et-transmission/ (consulté le JJ/MM/AAAA).
Cette adresse ne change pas d’une édition à l’autre : un lien posé aujourd’hui pointera toujours vers l’édition en cours.
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